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Conformité incendie(mis à jour 6 septembre 2026)

BAES : quels blocs, combien, où ? L'obligation d'éclairage de sécurité expliquée

Éclairage d'évacuation ou d'ambiance ? 45 lumens, 1 heure d'autonomie, espacement de 15 m : les règles de l'arrêté du 14 décembre 2011, le choix SATI, et les tests mensuels et semestriels obligatoires.

Mis à jour·6 septembre 2026Prix et sélections vérifiés

Êtes-vous concerné ?

SituationÉclairage exigéSeuil
Tout établissement employant des salariésÉclairage de sécurité permettant l'évacuationAucun seuil — obligation générale
Dégagements et locaux, sauf exception ci-dessousÉclairage d'évacuation (45 lm, 1 h)Par défaut
Local débouchant directement sur un dégagement équipé ou sur l'extérieur, et effectif < 20 personnes, et parcours < 30 mDispense possibleLes trois conditions doivent être réunies
Local pouvant recevoir 100 personnes ou plus avec une occupation supérieure à 1 personne pour 10 m²Éclairage d'ambiance en plus (5 lm/m²)100 personnes ET densité

L'obligation découle de l'article R4227-14 du Code du travail, en vigueur de longue date. Il n'y a aucune échéance récente à surveiller — contrairement au défibrillateur, vous n'êtes pas « en retard », vous êtes soit conforme, soit non conforme.


Le texte exact

« Les établissements disposent d'un éclairage de sécurité permettant d'assurer l'évacuation des personnes en cas d'interruption accidentelle de l'éclairage normal. La conception, la mise en œuvre et les conditions d'exploitation et de maintenance de cet éclairage ainsi que les locaux qui peuvent en être dispensés en raison de leur faible superficie ou de leur faible fréquentation sont définis par un arrêté des ministres chargés du travail et de l'agriculture. »

Article R4227-14 du Code du travail

L'article pose le principe et renvoie tout le détail technique à un arrêté : c'est l'arrêté du 14 décembre 2011 relatif aux installations d'éclairage de sécurité. C'est lui qu'il faut lire pour dimensionner une installation, et c'est lui que la plupart des articles en ligne résument de travers.

Un article voisin complète le dispositif : l'article R4227-13 impose une signalisation indiquant le chemin vers la sortie la plus proche. Éclairage et signalétique sont deux obligations distinctes : un panneau non éclairé ne remplit pas la fonction d'un BAES, et un BAES sans pictogramme conforme ne remplit pas celle du panneau.


Évacuation ou ambiance : deux fonctions différentes

C'est la distinction structurante, et elle décide de votre budget.

L'éclairage d'évacuation

Il balise le chemin vers la sortie. C'est le besoin de base, et il concerne la quasi-totalité des locaux.

  • Flux lumineux assigné : au moins 45 lumens par bloc.
  • Autonomie : au moins une heure.
  • Espacement maximal entre deux blocs : 15 mètres dans les dégagements.

Un local peut en être dispensé, mais seulement s'il réunit les trois conditions simultanément : déboucher directement sur un dégagement lui-même équipé ou sur l'extérieur, accueillir moins de 20 personnes, et présenter une distance de parcours inférieure à 30 mètres. Deux conditions sur trois ne suffisent pas — c'est l'erreur la plus fréquente dans les auto-diagnostics.

L'éclairage d'ambiance (ou anti-panique)

Il éclaire le volume du local pour éviter le mouvement de panique, au lieu de baliser un chemin. Il s'ajoute à l'éclairage d'évacuation, il ne le remplace pas.

Il devient obligatoire dans les locaux pouvant recevoir 100 personnes ou plus, à condition que l'occupation dépasse une personne pour dix mètres carrés. Les deux critères sont cumulatifs : un entrepôt de 2 000 m² accueillant 100 personnes reste en dessous de la densité et n'y est pas soumis.

  • Flux : au moins 5 lumens par mètre carré de surface du local.
  • Espacement : la distance entre deux foyers lumineux voisins ne doit pas dépasser quatre fois leur hauteur au-dessus du sol.

Ce que ça change concrètement. Une salle de réunion de 80 m² accueillant 30 personnes n'a besoin que d'évacuation. Un open space de 400 m² avec 120 postes franchit les deux seuils : il lui faut l'évacuation et l'ambiance, soit au moins 2 000 lumens répartis dans le volume. C'est un ordre de grandeur, pas un devis : le calcul précis relève d'un bureau d'études.


SATI : la vraie question technique

C'est le point sur lequel il faut se décider avant de commander, parce qu'il détermine votre charge de maintenance pour les dix prochaines années.

L'arrêté impose que les blocs d'évacuation soient soit à incandescence, soit fluorescents ou LED équipés d'un système automatique de test intégré (SATI) conforme à la norme NF C 71-820. En pratique, tout ce qui se pose aujourd'hui est LED et SATI.

Le SATI fait le test à votre place et signale son résultat par un voyant. Deux familles existent, et l'écart de prix se justifie ou non selon votre parc.

SATI autonome (non adressable). Chaque bloc teste seul et affiche son état par une LED verte ou rouge. Pour connaître l'état du parc, il faut passer devant chaque bloc et regarder. C'est le standard, c'est le moins cher, et c'est parfaitement conforme.

SATI adressable ou connecté. Les blocs remontent leur état à une centrale ou à une application. Vous consultez l'état de l'ensemble sans vous déplacer, et l'historique est archivé automatiquement.

Le calcul est simple : le surcoût de l'adressable se rentabilise quand le temps de ronde devient significatif. Pour un plateau de bureaux d'un seul niveau avec quinze blocs, une ronde mensuelle prend dix minutes et l'autonome suffit. Pour un bâtiment multi-niveaux, plusieurs sites ou des blocs en hauteur nécessitant une nacelle, l'adressable s'impose vite.

Un piège à connaître. Le SATI teste et signale ; il ne remplace pas votre obligation de consigner les résultats. Un parc adressable qui archive tout seul vous fait gagner sur ce point, un parc autonome vous laisse le relevé à faire.


Ce que l'achat ne dispense pas de faire

L'installation est un point de départ. L'arrêté du 14 décembre 2011 impose un régime de vérification à deux fréquences, et c'est lui qui est contrôlé.

PériodicitéOpération
Chaque moisVérifier le passage en position de fonctionnement en cas de coupure, et le bon fonctionnement de la commande de mise au repos
Chaque semestreVérifier l'autonomie réelle d'une heure

Les résultats doivent être consignés dans le registre prévu à l'article R4226-19 du Code du travail. C'est ce registre, et non les factures d'achat ni les voyants verts, qui démontre le respect de l'obligation en cas d'inspection ou après un sinistre.

L'arrêté impose également qu'une notice descriptive des installations soit tenue à disposition, précisant notamment les pièces de rechange. Prévoyez un stock de blocs et de batteries de remplacement : un bloc en défaut doit être remplacé, pas attendu.


Et les sanctions ?

Comme pour les extincteurs, aucune amende forfaitaire n'est attachée à cet article. L'exposition est celle du manquement aux règles de santé et sécurité au travail : mise en demeure de l'inspection du travail, puis poursuites en cas de maintien du manquement, et surtout mise en cause de la responsabilité de l'employeur si une évacuation se déroule mal.

Nous ne reprenons pas les montants qui circulent sur les sites de vente d'équipement : ils ne renvoient à aucun texte applicable à cette obligation précise.


Blocs vérifiés disponibles

L'achat se fait presque toujours par lots — un plateau de bureaux consomme dix à vingt blocs. Voici ce que nous avons vérifié comme réellement disponible à la date de publication.

PhotoModèleFlux / autonomieSATIIndicesPrix indicatifLien
Legrand BAES évacuation LED45 lm / 1 hOuiIP43 IK07~45 €Voir l'offre
URA UraOne BAES + BAEH45 lm / 1 hOuiCombiné habitation~70 €Voir l'offre
Eaton Luminox Uniled 2-4545 lm / 1 hOuiNF Environnement~40 €Voir l'offre
Fireless BAES LED évacuation45 lm / 1 hOuiMontage plafond ou mural~35 €Voir l'offre

Deux points à contrôler avant de commander. D'abord la conformité annoncée aux normes NF EN 60598-2-22 et NF C 71-800, avec le SATI selon NF C 71-820 : ces références doivent figurer sur la fiche technique du fabricant, pas seulement dans le titre de l'annonce. Ensuite l'indice IP si les blocs sont posés en parking, en atelier ou dans un local humide — un IP42 n'a pas sa place là où un IP43 ou davantage s'impose.

Un BAES combiné BAES + BAEH ajoute une fonction d'éclairage d'habitation : utile dans les bâtiments à usage mixte, inutile et plus coûteux dans des bureaux classiques.


Questions fréquentes

Puis-je remplacer un bloc par un simple luminaire sur onduleur ? Non, sauf à passer par une source centralisée conforme à la norme NF EN 50171, qui est une architecture différente avec ses propres exigences. Un onduleur bureautique ne répond ni aux normes de la série NF C 71-800 ni à l'exigence d'autonomie assignée.

Mes blocs sont neufs, dois-je quand même faire les tests mensuels ? Oui. La périodicité court dès la mise en service. Le SATI réalise le test, mais l'obligation de vérifier son résultat et de le consigner reste la vôtre.

Combien de temps dure un BAES ? Le bloc lui-même dure longtemps ; c'est la batterie qui limite. Comptez quatre à cinq ans avant que l'autonomie d'une heure ne soit plus tenue, ce que le test semestriel a précisément pour objet de détecter. Prévoyez ce renouvellement dans votre budget : sur un parc de vingt blocs, c'est une dépense récurrente, pas un achat unique.

Un ERP suit-il les mêmes règles ? Non, pas exactement. Les établissements recevant du public relèvent du règlement de sécurité contre l'incendie propre à leur type et à leur catégorie, qui peut être plus exigeant. Cette page traite de l'obligation issue du Code du travail, applicable aux lieux de travail. Si vous êtes les deux à la fois — ce qui est courant — c'est la règle la plus contraignante qui s'applique.

Faut-il un BAES dans les toilettes ou les locaux techniques ? Appliquez le test des trois conditions cumulatives. Un local technique isolé, de faible surface, débouchant sur un dégagement déjà équipé et accueillant moins de 20 personnes peut être dispensé. Un couloir de service de 40 mètres ne l'est pas, quelle que soit sa fréquentation.


Ce que cet article ne remplace pas

Cette page décrit l'obligation issue du Code du travail et de l'arrêté du 14 décembre 2011, à la date indiquée ci-dessous. Le dimensionnement précis d'une installation — nombre de blocs, implantation, calcul du flux d'ambiance — relève d'un bureau d'études ou d'un installateur qualifié, sur la base des plans réels. Les établissements recevant du public sont soumis en outre au règlement de sécurité applicable à leur type et à leur catégorie.

Aucun produit ne « met en conformité » à lui seul : la conformité résulte du type de blocs, de leur implantation, de leur maintenance et de la tenue du registre.


Dernière vérification réglementaire : 6 septembre 2026. Sources consultées : Légifrance (Code du travail, arrêté du 14 décembre 2011). Rédigé par la rédaction PickBenchmark selon notre méthodologie de veille réglementaire. Une erreur, un texte modifié ? Signalez-le nous : nous corrigeons et datons la mise à jour.